Faut-il faire confiance aux banques pour la gestion de ses avoirs ?

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Globalisation & révolution digitale – ouverture des marchés et désintermédiation.

La mondialisation des marchés financiers n’est pas un phénomène nouveau. Toutefois, la rapidité de son évolution ces 10 dernières années est sans précédent. A l’origine de cette accélération : la révolution digitale, le numérique, à savoir les immenses progrès réalisés dans le secteur de l’information technologique.

La globalisation accroît l’efficience des marchés financiers et permet une maturation rapide des économies des marchés émergents. S’en suit un accroissement énorme du marché de l’asset management. Cependant, pour les banques, le revers de la médaille d’une telle globalisation est la désintermédiation qui cause une érosion des marges.

La première conséquence de la mondialisation qui nous intéresse est que, d’après BNP Paribas, le marché de l’asset management augmentera de 50% d’ici les 7 prochaines années pour atteindre 102 trilliards de dollars.  L’asset management représente actuellement 25% des actifs mondiaux et l’Europe détient à elle seule 30% de cet énorme marché.

Le second effet de la globalisation des marchés financiers est la désintermédiation croissante de la distribution des produits financiers. Celle-ci accroît l’érosion des marges des banques. Cette  baisse des bénéfices ne sera que partiellement compensée par l’augmentation des actifs sous gestion.

Enfin, ce qui nous intéresse avant tout est de savoir comment nous, clients des banques, allons vivre cette révolution digitale globale du secteur financier.

Révolution technologique – globalisation néo libérale – risques systémiques – régulation

Au début des années 2000, les banques furent les premières à réagir et à bénéficier des progrès technologiques. Pour ce faire, elles développèrent des modèles mathématiques extrêmement complexes afin de créer et de valoriser de nouveaux produits dérivés. Ceux-ci ont permis d’augmenter fortement la gamme de risques négociables et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux stratégies de couverture. Les banques paraissaient dès lors convaincues de pouvoir gérer activement leurs expositions et se permettaient même de transférer certains risques à leurs clients sous forme de produits complexes.

A cette époque, les banquiers étaient déjà mis sous pression par leurs actionnaires mondiaux avides de gains. De plus, grâce à des analyses économiques, ils semblaient convaincus qu’il n’était pas nécessaire de réguler les marchés financiers. Selon eux, la libre concurrence permettait une autorégulation saine suffisant à limiter leurs excès.

En 2007, les banques perdirent totalement le contrôle de la gestion des risques, ce qui plongea les Etats-Unis dans la plus grande crise financière connue de notre vivant, la crise des Subprimes.

Elle connut son paroxysme en 2008, avec la faillite de plusieurs institutions financières, et montra qu’il était nécessaire de mettre en place de nouvelles réglementations et des mécanismes de contrôle visant à résoudre de telles situations de crise. Plusieurs réformes furent ainsi menées au niveau mondial dans le domaine de la régulation financière (accords de Bâle, règles Mifid, Fatca,… ).

Une nouvelle industrie du contrôle et de la surveillance est née en Europe et aux Etats-Unis . Celle-ci fait vivre une armada de banquiers, de fonctionnaires, d’avocats et de politiciens sous prétexte d’améliorer la stabilité financière dans le monde développé.

Tout cela a bien évidemment un coût qui doit être en grande partie supporté d’une part, par les banques qui le répercutent à leurs clients, c’est-à-dire nous, et d’autre part, par les contribuables.

Les institutions financières voient fondre leurs revenus et augmenter leurs frais. Elles doivent fusionner afin de bénéficier d’économies d’échelles, la globalisation s’amplifie encore, et le serpent finit par se mordre la queue. En effet, les institutions sont paralysées par des infrastructures informatiques énormes constituées au fil des décennies ainsi que par la lourdeur de leurs organisations et l’excès de réglementations. Enfin, elles doivent faire face à de nouveau acteurs présents dans le secteur de la technologie numérique.

Fintechs – GAFAA – économie de partage

Attaqués par les FinTech (de jeunes entreprises innovant dans le domaine financier) et par les GAAFA (Google, Alibaba, Amazon, Facebook, Apple) sur bon nombre de leurs métiers très lucratifs tels les crédits et les systèmes de payment…), les établissements bancaires traditionnels sont concurrencés par des nouveaux venus disposant d’atouts décisifs.

Pensons aux sociétés comme Orange et Google qui disposent de capacités technologiques supérieures et bénéficient d’un trafic majeur sur leurs plates-formes.

Ces sociétés technologiques sont capables de mesurer les besoins de leurs clients, et de plus, elles ont des bilans très solides.

En plus de ces nouveaux acteurs issus de l’industrie technologique s’ajoutent d’autres intervenants en provenance de l’économie collaborative. Ceux-ci constituent également une menace grandissante pour les banques.

Les progrès technologiques ont permis un accroissement de l’efficience dans la collaboration et le partage de l’information. Cette économie de partage continuera à croître grâce au cloud computing et à la connectivité mobile.

En 2011, le ‘Time’ décrivit l’économie de partage comme une idée qui changerait le monde. Même s’il existe des exemples d’altruisme pur, les acteurs de ce nouveau secteur sont motivés par le profit et le partage des coûts.

Grâce au digital, ces nouveaux intervenants offrent à leurs clients la possibilité de partager leurs connaissances, des informations et des outils de communication afin de trouver les meilleures solutions pour leurs problèmes financiers, et ce à moindre coût.

La révolution technologique est à la source de l’accélération phénoménale  de la globalisation du secteur financier ;  des nouveaux intervenant issus des fintech et de l’économie de partage menacent les institutions financières.

Mais ces derniers mois les banques sont aussi délaissées par les investisseurs qui ont vendu en masse leurs actions bancaires faisant chuter les cours de plus de 30% depuis le début de l’année. Des doutes très sérieux ressurgissent sur les capacités de bon nombre d’emprunteurs , que cela soit des entreprises ou certains états, de rembourser leurs dettes envers les banques. Les épargnants sont conscients que le secteur bancaire n’est plus a l’abri d’un scénario comme a Chypre (réquisition des dépôts au de la de 100k mille euros)

pitch club gand 26 fevrier

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